Du 28 mai au 26 septembre 2010
Lieu: CIVA (au Foyer de bibliothèque)
Rue de l’Ermitage à Ixelles
Horaire: 10h30 à 18h00 (mardi à samedi)
Entrée libre
Photographies de Pierre Philippe Hofmann. Convaincu du fait que les traces d’une modernité sans cesse renouvelée sont avant tout visibles dans les centres urbains, PP Hofmann est resté persuadé que les mêmes traces affecteraient des espaces moins peuplés à moyen terme. La relecture du travail d’Eugène Atget à propos duquel on ne pouvait à l’époque que faiblement présager de l’intérêt notoire qu’il aurait quelques dizaines d’années plus tard, l’a mis sur la voie. Le célèbre ouvrage de Bourdieu Un art moyen, essai sur les usages sociaux de la photographie lui a confirmé ses choix.
Dans l’impossibilité de couvrir tout le pays, PP Hofmann a choisi de s’intéresser aux espaces les plus emblématiques de notre société et de l’urbanisme actuels. Lui ayant semblé possible de faire l’impasse sur le centre des villes ou sur d’autres sites remarquables auxquels bon nombre de documents photographiques ont déjà été consacrés, de même que sur la côte belge ou les paysages ardennais, il était par contre impensable de rester trop à l’écart de Bruxelles, tant on sait que son statut politique amènera sa banlieue à s’étendre et à se métamorphoser dans les années qui viennent.
Le tracé de la frontière linguistique l’a alors interpellé : cette ligne arbitraire qui traverse le pays de part en part sur sa plus grande longueur, qui encercle Bruxelles, qui semble éviter les sites les plus spectaculaires, s’est bien vite révélée le fil conducteur idéal pour sa série. PP Hofmann a décidé ensuite de se servir de cette zone géopolitique qui suscite tant de discussions, il a usé de stratagèmes afin de minimiser une lecture engagée de son projet : prises de vue scrupuleuses (temps radicalement gris, absence d’ombres, grande netteté…) et méthodiques (utilisation de cartes topographiques très détaillées, archivages méticuleux…). Il a veillé à ce qu les prises de vue ne trahissent que peu leur appartenance communautaire. Pour éviter toute polarisation de cet ordre, il a toujours pris le soin de présenter les images dans un désordre qui ne permette pas la reconstitution géographique ou chronologique des prises de vue.
Un livre accompagnera l’exposition, publié chez ARP2 Art & Research Publishing
